

«Monsieur le duc de Feltre, j’ai lu la lettre que le roi de Naples vous a écrite le 18 mai. Répondez-lui que tout me porte à penser que l’Autriche a des
prétentions incompatibles avec l’honneur de la France, et qu’elle voudrait profiter des circonstances pour revenir sur les pertes qu’elle a faites dans les
guerres précédentes. Il paraît qu’elle ne voudrait rien moins que les provinces illyriennes, une partie de la Pologne, une partie du pays de Salzbourg et
du Tyrol, et même une partie des provinces vénitiennes; qu’elle a en conséquence réuni 60 à 80 mille hommes à Prague, ce qui m’a porté à réunir 80
000 hommes à Wurzburg et autant à Laybach ; qu’il est impossible que le royaume de Naples puisse se prévier d’une force de 30 000 hommes; mais
que je désirerais qu’il pût fournir du moins une bonne division de 10 à 12 mille hommes d’infanterie, avec 1 500 chevaux et 25 pièces de canon, et la fît
partir dans les premiers jours de juillet pour Bologne, où elle attendrait l’issue des événements. Si la guerre avait lieu, elle se dirigerait sur Laybach, et si l’on
s’arrangeait, elle reviendrait sur Naples. Je désire même que la marche de cette colonne soit connue, puisque cela peut avoir de l’influence surla négociation. Je voudrais que le roi donnât le commandement de ses troupes à un général français. Enfin écrivez-lui qu’il doit comprendre que l’Adige une fois perdue, son royaume le serait aussi, et que s’il attendait pour faire ce mouvement
que la bataille eût été donnée du côté de Laybach ou de l’Isonzo, il ne serait plus tenu; qu’il faut donc définitivement qu’au 15 juillet la division soit sous Bologne, et puisse se porter au secours du vice-toi, qui, à cette époque,
sera campé sur les hauteurs de Laybach; qu’il fasse connaître positivement et sans tergiverser ce qu’il peut et veut faire; mais que ce qui ne sera pas sorti de son royaume dans les 1ers jours de juillet ne pourra plus compter; que c’est
surtout de la cavalerie et de l’artillerie qu’il faudrait; que si la division ne peut être de 12 000 d’inf[anterie], elle soit au moins de 12 000 hommes en tout. Sur ce je prie Dieu qu’il vous ait en sa sainte garde. Dresde, le 11 juin 1813. [Signé:]
N[apoléon].» «En [17] main à M. Fleurange, écrite au roi, rendu compte à l’Empereur, fait le 18 juin.»
– Lettre du 27 juin 1813. ½ page.
«Monsieur le duc de Feltre, je vous envoye [sic] un état des déserteurs de la Garde. Je désire que vous fassiez mettre du garnisaire chez leurs parents et que vous fassiez en sorte dque tous ces hommes soient entourés. Sur ce, je prie
Dieu qu’il vous ait en sa sainte garde. Dresde le 27 juin 1813. [Signé:] N[apoléon].» «Remis le 2 juillet à M. Besson qui en fera part à M. Tabarié.»
– Lettre du 28 juin 1813. 1 page.
«Monsieur le duc de Feltre, vous verrez par les états de situation de la place de Dantzick [sic], qui vous seront transmis par le major général, qu’il y a, dans cette place, 54 000 fusils, 4 000 carabines et mousquetons, 14 000 sabres de
cavalerie, 6 000 sabres d’infanterie, et 350 000 kilog[rammes] de poudre en baril. Les munitions confectionnées sont très considérables. Il y a 7 millions de cartouches et 70 000 coups de canon, et cartouches à balles ou à boulet. Sur
ce, je prie Dieu qu’il vous ait en sa sainte garde. Dresde, ce 28 juin 1813. [Signé:] N[apoléon].»